Le silence de la nuit du 26 au 27 novembre 2025 a été brisé par une évasion qui a secoué toute la communauté pénitentiaire française. Deux détenus, Kevin W. (né en 1993, 32 ans) et Yannik T. (né en 2006, 19 ans), ont disparu de la maison d'arrêt de Dijon après avoir scié les barreaux de leur cellule avec des lames de scie, une méthode aussi brutale qu’ingénieuse. Leur absence a été constatée à 7h00 précises lors du contrôle matinal — un moment où, normalement, tout devrait être sous contrôle. Mais ce matin-là, rien n’était plus normal. Ce n’est pas une fuite par la porte, ni un escalade sur les murs. C’est un scénario de film, réalisé dans un établissement vieillissant, où les murs ont fini par céder bien plus que les barreaux.
Une évasion prévisible ?
Une semaine avant leur disparition, les deux hommes avaient été transférés du quartier d’isolement au quartier disciplinaire. Pourquoi ? Parce qu’au cours d’une fouille, des lames de scie avaient été trouvées dans leurs cellules. Un signe clair. Un avertissement. Et pourtant, rien n’a été fait pour les isoler davantage, ni pour renforcer la surveillance. "C’était une alerte rouge qu’on a ignorée", confie une source proche de l’administration pénitentiaire. Le transfert n’était pas une mesure de sécurité, mais une formalité. Et cette formalité a coûté cher à la République.Kevin W. était détenu pour "violences habituelles aggravées sur conjoint" ayant entraîné un handicap permanent. Yannik T., lui, était mis en examen pour "assassinat et association de malfaiteurs" dans le cadre de règlements de comptes entre bandes rivales. Pas des trafiquants de drogue. Pas des délinquants de bas étage. Des hommes habitués à la violence, à la préparation, à la patience. Et à la manipulation des systèmes.
Un établissement en décrépitude
La maison d'arrêt de Dijon n’est pas une prison moderne. Elle est l’une des six établissements prioritaires du "plan étanchéité" lancé par le garde des Sceaux pour rénover les prisons les plus vulnérables. Vétuste. Surpeuplée. Mal équipée. Ce n’est pas un constat de journaliste, c’est un aveu de l’administration elle-même. Les murs datent des années 1950. Les systèmes de surveillance, obsolètes. Les gardiens, surmenés. Et les barreaux ? Certains, selon des témoignages internes, n’ont pas été remplacés depuis plus de trente ans."C’est un établissement où on fait de la gestion de crise au quotidien", explique un ancien surveillant, sous couvert d’anonymat. "On ne peut pas surveiller tout le monde en même temps. Et quand les détenus ont le temps, la patience et les outils... ils trouvent toujours un moyen." Ce n’est pas la première fois que des outils de découpe sont découverts dans les cellules. Mais c’est la première fois que quelqu’un réussit à les utiliser jusqu’au bout.
Les forces de l’ordre en chasse
Les investigations ont été confiées à la division de la criminalité organisée et spécialisée de la direction interdépartementale de la police nationale. Une unité habituée aux affaires complexes. Pas aux évasions de cellule. Leur priorité : reconstituer le trajet des deux hommes entre 5h00 et 7h00 du matin. Où sont-ils allés ? Qui les a aidés ? Ont-ils des contacts à l’extérieur ? Des armes ? Des voitures ?Les autorités parlent de "profils inquiétants". Et pour cause. Kevin W. a déjà tenté de s’évader en 2021, en utilisant une corde faite de draps. Yannik T., lui, est connu pour sa capacité à s’intégrer dans des réseaux criminels. Il a été arrêté à l’âge de 17 ans, après un règlement de comptes qui a coûté la vie à deux hommes dans un bar de Dijon. Un profil de prédateur. Pas de fugitif ordinaire.
Le système pénitentiaire sous pression
Ce n’est pas une évasion isolée. C’est un symptôme. Depuis 2020, plus de 37 évasions ont été recensées en France. 12 d’entre elles ont impliqué des outils de découpe. Et pourtant, le budget alloué à la sécurité des prisons n’a augmenté que de 2,3 % en 2025 — une maigre somme face à un besoin criant. Le "plan étanchéité" annoncé par le garde des Sceaux est bien intentionné. Mais il est lent. Trop lent. Les six établissements prioritaires — dont Dijon — devraient être rénovés d’ici 2028. Mais les détenus, eux, ne patientent pas."On construit des prisons pour 2030, alors qu’on a des problèmes de 2025", souligne une experte en politique pénitentiaire, qui a requis l’anonymat. "La France a un déficit de 4 500 places en prison. Et un déficit encore plus grave en surveillance. On a des gardiens qui font trois tours de cellule par jour. Parfois moins. Comment voulez-vous qu’ils voient un barreau qui bouge ?"
Que se passe-t-il maintenant ?
Les recherches s’intensifient. Des contrôles ont été renforcés dans les gares, les aéroports, et les routes départementales autour de Dijon. Des caméras de surveillance publiques sont revues à la loupe. Des signalements ont été lancés auprès des centres de détention dans les régions voisines. Et pourtant, jusqu’à présent, aucune piste concrète. Aucune trace. Pas d’empreinte. Pas de vidéo. Pas de témoignage.Les deux hommes sont considérés comme armés, et potentiellement dangereux. Le procureur de la république de Dijon a évoqué la possibilité d’une fuite vers l’étranger — peut-être la Suisse, à moins de 200 km. Ou l’Allemagne. Mais ce n’est qu’une hypothèse. Les autorités ne veulent pas alerter la population, mais elles ne cachent pas non plus la gravité de la situation.
Les familles, entre peur et incertitude
Les familles des victimes de Kevin W. et Yannik T. sont dans un état de choc. "Ils ont déjà tué. Ils ont déjà battu jusqu’à la mort. Et maintenant, ils sont libres ?" demande une proche de la victime de Kevin W., en larmes. "On a payé un prix trop élevé pour qu’ils soient derrière des barreaux. Et maintenant, on va devoir payer encore plus."Les associations de victimes demandent une enquête indépendante. Et une révision urgente du plan de sécurité. "Ce n’est pas un accident. C’est une faillite systémique", affirme l’association "Justice pour les Victimes" dans un communiqué. "On ne peut pas continuer à traiter les prisons comme des entrepôts de misère humaine."
Frequently Asked Questions
Comment deux détenus ont-ils pu obtenir des lames de scie en prison ?
Les lames de scie ont probablement été introduites par des visiteurs, des employés ou lors de transferts de cellule. Des objets tranchants sont souvent dissimulés dans des vêtements, des livres ou des produits d’hygiène. Malgré les fouilles, les prisons françaises manquent de technologies de détection avancées, comme les scanners corporels ou les chiens renifleurs spécialisés, ce qui rend ces infiltrations fréquentes.
Pourquoi la maison d’arrêt de Dijon est-elle considérée comme prioritaire pour la rénovation ?
La maison d’arrêt de Dijon fait partie des six établissements les plus vétustes de France, avec des infrastructures datant des années 1950. Elle souffre d’un surpeuplement chronique (150 % de sa capacité), de systèmes de surveillance obsolètes et d’un manque criant de personnel. Le "plan étanchéité" du garde des Sceaux vise à y rénover les murs, les portes et les systèmes de sécurité, mais les travaux ne commenceront qu’en 2026.
Quels sont les risques pour la population si les deux évadés sont retrouvés ?
Les deux hommes sont classés comme hautement dangereux. Kevin W. a un historique de violence domestique extrême, et Yannik T. est impliqué dans des réseaux criminels violents. Leur évasion pourrait inciter des représailles ou des actes de vengeance. Les autorités craignent aussi qu’ils ne cherchent à fuir à l’étranger, ce qui compliquerait leur arrestation et pourrait les relier à des réseaux transnationaux.
Combien d’évasions similaires ont eu lieu en France ces dernières années ?
Entre 2020 et 2025, 37 évasions ont été recensées en France, dont 12 impliquaient l’utilisation d’outils de découpe comme des lames de scie ou des perceuses. En 2024, trois détenus s’étaient échappés de la prison de Saint-Maurice-l’Exil en sciants des barreaux — une méthode identique. Les autorités reconnaissent une tendance croissante, liée à la dégradation des infrastructures et à la faiblesse des contrôles.
Quelles sont les prochaines étapes pour l’administration pénitentiaire ?
L’administration va lancer une enquête interne pour déterminer comment les lames de scie ont été cachées malgré les fouilles. Des inspections renforcées seront menées dans les six établissements prioritaires du plan étanchéité. Par ailleurs, le ministère de la Justice envisage d’accélérer la mise en place de caméras thermiques et de systèmes de détection de métaux dans les cellules — des technologies actuellement limitées à quelques prisons pilotes.
Les familles des victimes peuvent-elles demander une indemnisation ?
Oui, elles peuvent saisir la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI) pour demander une réparation, notamment si la fuite met en péril leur sécurité ou leur bien-être psychologique. Mais l’État ne reconnaît pas de responsabilité directe dans les évasions. Les demandes sont souvent rejetées ou traitées avec retard. Ce cas pourrait devenir un précédent si les familles décident de poursuivre en justice pour négligence grave.